Le Jardin de Curé et la Charmille

 

 la-charmille-2.jpg       Le bâtiment principal du presbytère (la mairie actuelle) était autrefois encadré par un jardin potager, un verger, une charmille et divers bâtiments annexes, le tout formant une unité fonctionnelle.

        Les édifices secondaires, plus ou moins vétustes, jalonnaient les limites du presbytère au sud et à l'ouest, dans l'angle fait par la vieille rue des châteaux. Ils résultaient d'achats et de dons faits au cours des siècles; certains, après la Révolution de 1789, furent vendus à des particuliers. A l'entrée, les remises et les écuries abritaient cabriolets et chevaux : Le curé Ouvrard de la Haie, au 18éme siècle, possédait  exceptionnellement sept chevaux dont trois pour porter les sacrements dans cette paroisse " l'un, disait-il, pour moi, l'autre pour mon domestique et le troisième pour le sacriste ". Les anciens textes signalent aussi l'étable, le poulailler, les " toits à porcs ". Récemment encore des moutons paissaient à l'emplacement du mini golf. S'ajoutaient la boulangerie et les granges où étaient déposées dimes et offrandes. " Les le-jardin-de-la-mairie.jpgpetites écoles ", aux mains des prêtres occupèrent pendant un temps la maison vendue après la révolution à un certain Montembault, qui a gravé son nom au linteau de la porte en 1805.      Certaines de ces maisons furent, beaucoup plus tard, le lieu de réunion de diverses associations, dont la fanfare municipale et la chorale paroissiale, et le lieu d'habitation du sacristain, à l'entrée.

     Au centre étaient le jardin et le verger. " JARDIN DE CURE ", il en avait tous les caractères : produisant des légumes, le potager, divisé en grandss carrés, assurait l'alimentation des prêtres. Au 19éme siècle fut créé un verger à pommes et installé une serre avec sa treille.

     Mais le jardin était aussi pour les prêtres un lieu de détente, de silence,de méditation et de parcours lors de la lecture quotidienne du bréviaire, facilitée par le caractère rectiligne des allées. Crée en 1788, la charmille agrémentée de quelques tilleuls, elle aussi en ligne droite, conduisait à un petit oratoire.

     Enfin le jardin était un signe de notabilité par son étendue, sa diversité, ses murs de clôture et son entrée monumentale avec ses deux piliers de granit. Le curé, une des personnalités de la paroisse, avait ainsi, comme les notables son jardin-parc.

     Étable, écurie, boulangerie, potager ont disparu aujourd'hui. Mais le parc naturel a conservé quelques traits du " Jardin de Curé " d'autrefois : Plan en croix, allées droites, bordures de buis, charmille, mur de clôture ancien sur lequel repose encore la vigne, cuve en granit (ancien baptistère), ancien bénitier légèrement sculpté. on a ajouté récemment un gadage (ancien pressoir à pommes) et, plus significatif, face à la Mairie, le " pilier seigneurial", autrefois au centre de la place du marché et, avant la révolution, symbole du pouvoir du Seigneur de Goué sur l'agglomération. Par ailleurs, une stèle rappelle la présence des enfants cachés dans la commune lors de la dernière guerre.

    L'ancien jardin du presbytère est pour le public d'aujourd'hui une aire de promenade, de repos, de jeux, mais aussi l'espace qui ressuscite quelque peu le passé.

                                                                                        Mme Flatrès Mury

         

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Date de dernière mise à jour : 2015-01-22 14:20:09